Vous êtes plutôt culture Cash ou culture EBIDTA ?

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Vous êtes plutôt culture Cash ou culture EBIDTA ?

Interview d'Yves Peccaud, spécialiste de la Culture Cash

Yves Peccaud est spécialiste de la culture cash et de la création de valeur dans les entreprises. Il s’appuie sur une solide expérience de contrôleur puis DAF d’entreprises appartenant à des secteurs très variés : Bristol Meyer Squibb, Carnaud Metalbox, The Walt Disney Compagny France, Danka France, le groupe Imprimerie Nationale. Il a également redressé plusieurs entreprises en difficulté. Diplômé d’HEC, il enseigne à l’Ecole Centrale de Paris, est tuteur à l’Université de Paris Dauphine. Il dirige également  CULTURE CASH et propose des formations, avec une méthode originale et concrète, pour mettre en place durablement la culture cash dans les entreprises.

Nous sommes allés à sa rencontre.

«  Il faut passer de la culture de l’EBITDA à la Culture Cash », Yves Peccaud, spécialiste de la diffusion de la culture cash.

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Votre devise est claire : « Culture cash aujourd’hui, cash-rich demain ». D’où vous vient cette passion pour laquelle vous bataillez ?

Je possède une longue expérience dans le métier de la finance et du redressement d’entreprise. Mes propres analyses sur la réalité des marchés aujourd’hui me font dire qu’iI est plus que jamais impératif d’anticiper les évolutions économiques et financières au sein même des groupes.

Les business models classiques se sont trouvés fragilisés par la crise et sont devenus obsolètes. La direction financière a de nouvelles missions : elle va affiner la gestion de l’entreprise, mettre en place des nouveaux indicateurs. Elle doit aussi devenir un véritable business partner auprès de la Direction Générale et des opérationnels, en proposant des pistes de réflexion et d’action, afin d’assurer la pérennité ou le développement de la société.

Si la Direction Financière anime correctement cette transition, aide les opérationnels à atteindre les objectifs, alors c’est l’ensemble du groupe qui saura s’impliquer  pour générer du cash et de la rentabilité : c’est cela ma « bataille » de la culture cash. Mais elle est très efficace !

La culture cash, tout le monde en parle…

C’est un véritable changement culturel. Comme chacun sait, et c’est presque un lieu commun, les sociétés ne meurent pas faute de profitabilité, mais par manque de liquidité. Tant qu’une société a des liquidités, elle pourra faire face à ses obligations et mettre en œuvre les actions nécessaires à son développement.

Mais lorsque le cash vient à manquer, le recours externe au financement peut se tarir et l’entreprise est alors en risque. Ceux qui ont vécu dans une entreprise en difficulté le savent bien. Cette culture du cash devrait s’étendre à tous car, tôt ou tard, toute entreprise aura à faire face à des difficultés de trésorerie, qu’elle soit au CAC 40 ou qu’elle soit une PME familiale.

Pour  être en mesure de conserver durablement un bon niveau de rentabilité et de cash, il est nécessaire de faire évoluer les modes de fonctionnement internes, à tous les étages.

Cela veut dire passer de la culture de l’EBITDA à la culture cash.

Cette diffusion de la  culture cash s’adresse à qui ?

La culture cash s’adresse à toutes les entreprises, qu’elles soient industrielles, de service, ou du monde associatif. Bien souvent, ce sont les groupes en meilleure santé financière qui prennent le moins de mesure préventive sur leur santé cash. Ils n’ont pas un besoin impérieux de trésorerie : l’excès de cash est un puissant anesthésiant. L’antidote ? La mise en place de la culture cash.

En effet, les entreprises « cash-rich » sont concentrées sur la rémunération de leurs actionnaires, qui ont des attentes souvent fortes, et la conquête de nouveaux marchés qui nécessite d’investir. Ces objectifs ne doivent pas faire oublier l’essentiel pour l’entreprise dans le temps. Il est vital de s’imposer une gestion rigoureuse du cash, même si les entreprises n’en ont pas un besoin immédiat.

Pour conclure ?

Je le redis encore : une société meurt d’absence de cash et non d’absence de profits. Le bon indicateur n’est pas le seul EBITDA qui ne constitue qu’une partie de la rentabilité économique de l’entreprise : il faut aussi améliorer la rotation des actifs.

C’est pourquoi, à profitabilité égale, une société qui génère plus de cash aura davantage de moyens pour battre la concurrence, à coût du capital équivalent.

 

Yves Peccaud a mis au point des formations  « décalées » et très pédagogiques via des serious game : une méthode innovante qui permet de repartir avec des éléments concrets, applicables immédiatement dans les groupes,  pour diffuser la culture cash.

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