Pilotage des covenants bancaires, comment faire ?

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Pilotage des covenants bancaires, comment faire ?

Un nouvel article issu de notre conférence débat entre David Brault, Directeur Associé d Objectif Cash et Clément Letourneux, cette fois-ci sur le chapitre du pilotage des covenants bancaires, qui incombe également au Trésorier.

Respect des covenants bancaires : vigilance obligatoire

Ne pas respecter les objectifs fixés lors de la signature de la clause du contrat de prêt peut entraîner le remboursement anticipé du prêt ou tout au moins une détérioration des conditions de l’emprunt. Les établissements financiers sont notamment très vigilants quant au risque d’insolvabilité de leurs clients, en particulier dans le cadre d’une opération à effet de levier (LBO). Pour se couvrir, les banques imposent donc à leurs clients des ratios financiers appelés covenants.
Cependant dans une situation financière déjà sous tension, le non respect de ces ratios peut entraîner l’entreprise dans une spirale négative. Il peut mener à la dégradation de ses conditions de financement pour se restructurer, et conduire à terme à la faillite.
On le comprend, le suivi de ces covenants nécessite donc une attention suivie à la fois de l’entreprise et de ses prêteurs.

Les bienfaits de la modélisation financière

David Brault  : Quelle serait votre recette pour bien s’y prendre ?

  • Modéliser !

Clément Letourneux : “ Respecter ses covenants passe par la modélisation financière, et une surveillance aiguisée des indicateurs financiers, à mettre en corrélation avec les événements attendus – ou pas- qui vont influer sur le résultat, de façon à corriger la trajectoire en temps et en heure.

Pour cela, il faut collecter les données des exercices antérieurs depuis les différents services concernés, et s’obliger également à travailler sur des données fraîches et à jour.

Ensuite, suivre ses indicateurs de vente, de bilan avec les ratios DPO/DSO pour alimenter différents scénarios prenant en compte la survenance de tel ou tel évènement. C’est à cela que servent les scénarios What -if qui permettent d’identifier les points de rupture éventuels. Et donc d’anticiper la suite ! “

David Brault : Les banquiers prennent souvent un scénario réaliste dégradé…Comment cela se passe au sein même de l’entreprise ?

  • Choisir le bon scenario

Clément Letourneux : “ La vision selon les services peut être parfois différente. Le directeur d’un service va avoir une démarche plus budgétaire, pour rester “conforme” aux objectifs fixés, alors que la Trésorerie va préférer travailler sur des worst cases avec prudence pour mieux parler aux banques… Les banques sont en effet très documentées sur les secteurs d’activité, voire sur l’entreprise elle-même, mieux que nous ! Le trésorier a donc tout intérêt à fournir des éléments fiables et à jour. Les banques sont demandeuses d’analyses et heureuses quand l’entreprise s’est dotée de bons outils, fiables et reconnus. ”

Quid des waivers* ?

David Brault: Et en cas de bris de covenants ?

Clément Letourneux : “Si l’un des covenants qui régit le prêt de la société présente des risques dans les mois qui viennent, il est judicieux de prévenir la banque dès que possible, et il est nécessaire de demander un waiver*, et de le signer, avant la clôture. Plus les négociations sont menées en amont, plus l’entreprise peut espérer des résultats intéressants, comme l’ajustement d’un ratio difficilement tenable, ou le remplacement par un autre. En modélisant les covenants pas seulement à 3 mois, mais pour l’année suivante et celles à venir, on entre dans un process maîtrisé : cela permet de rétablir la confiance avec la banque, si elle a été rompue, qui a besoin de connaître la trajectoire future de l’entreprise.

“Il faut une vraie cohésion entre le contrôle de gestion, le DAF, le DG et la Trésorerie pour analyser, comprendre et expliquer les écarts en interne, avant d’aller discuter de financements avec les banques. Seule une analyse régulière mensuelle permet une vision affinée de la trésorerie. Elle doit permettre de corriger les swings intra mensuels et d’agir rapidement, par exemple en décalant les paiements fournisseurs.”

David Brault : Si je résume, il faut avoir 3 mots en tête pour éviter la rupture : VISIBILITÉ RÉACTIVITÉ et FRAÎCHEUR des Données

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Waiver* : En cas de bris de covenant, l’emprunteur devra rédiger une demande de waiver qui demandera expressément aux banques de renoncer temporairement ou définitivement à un covenant du contrat. La demande doit à tout prix être de l’initiative de l’emprunteur.

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